Au Conseil général

Au Conseil général

Le 13 octobre, lors de la session budgétaire au Conseil général, je suis intervenu devant l’assemblée et ai interpellé le président :

« Monsieur le Président, mes chers collègues,

Mon intervention de ce matin rejoindra celles de mes collègues Henri Guillermin et Bernard Perret.

J’aurai trois observations :

1) Nous partageons votre constat tel que vous l’exprimez, à savoir :

  • L’existence même des départements n’est pas assurée. Malgré les déclarations gouvernementales qui se veulent rassurantes, on sent bien qu’il y a un risque. Car, par exemple :

– Qu’est ce qu’un département rural ? le gouvernement aurait identifié 26 départements ruraux à conserver : l’Ain est-il dans la liste ?

– On est dans une incertitude totale quant aux compétences que garderont les départements. Qu’en sera-t-il au final des routes, des collèges, du transport scolaire ? Si les départements subsistent, que leur restera-t-il ?

– On est aussi dans une incertitude totale sur les ressources de ces départements. Il a été dit que les Régions percevraient à l’avenir l’intégralité de la CVAE par exemple. Quelles recettes les départements garderont-ils ?

  • La baisse des dotations d’Etat: 11 milliards d’euro d’ici 2017 ! cela va mettre à mal les finances des départements
  • Et enfin, vous n’arrivez pas à obtenir de compensation suffisante en ce qui concerne les prestations sociales en augmentation constante.

2) Par contre, nous sommes en désaccord sur votre appréciation et sur les conséquences que vous tirez de ces constats:

Monsieur le Président, la situation est désastreuse et votre rapport sur le Débat d’Orientations Budgétaires reflète votre désarroi et l’impuissance de la majorité de gauche du Conseil général. Le rapport est extrêmement bref, sans beaucoup de commentaires ou d’explications : vous ne savez pas quoi dire ! notre collectivité est aujourd’hui « étranglée ».

Alors, il ne faudrait pas essayer de vous exonérer de votre propre responsabilité. Vous êtes parlementaire ; vous votez les lois proposées par le gouvernement de gauche !

L’effet de ciseau ? Nous l’avions prévu. Il est pour une grosse part, le résultat de votre imprévoyance !

3) Nous ne sommes pas là dans un débat de spécialistes. Tout ceci aura des conséquences pour les habitants de l’Ain, sur l’emploi, sur le pouvoir d’achat.

Vous nous proposez des économies sur le budget de fonctionnement et vous prenez le risque de donner des chiffres. Par exemple :

  • 5 millions d’euro sur les dépenses d’action sociale (p.23 de votre rapport). Monsieur le Président, est-ce-que vous y croyez une seconde ? Mais non…vous êtes dans l’illusion la plus totale.
  • Le lissage des investissements (p.24) qu’est ce que cela veut dire dans la réalité ? Cela signifie tout simplement que vous allez baisser les investissements, les décaler et notamment ceux sur les routes et les collèges.

Non, Monsieur le Président, nous ne sommes décidément pas d’accord avec votre politique qui va à l’encontre des intérêts des habitants de l’Ain ! »

©Charles de la Verpillière Mentions légales