Budget 2018 : je cosigne la tribune de Damien Abad

Budget 2018 : je cosigne la tribune de Damien Abad

L’appel des parlementaires LR pour un budget plus audacieux et donc plus juste :

Nous venons ici alerter les Français. Faute d’audace, le gouvernement est contraint de générer des injustices sociales. En reculant sur la baisse du déficit et la réduction de la dette, la majorité parlementaire est forcée à instaurer de nouvelles taxes pour financer un budget largement déficitaire.

En juillet dernier, il nous était promis un budget audacieux et novateur qui allait enfin inverser la courbe budgétaire française. Quatre mois après les annonces du Premier ministre, le projet de loi de finances prévoit quatre milliards d’économies en moins. Quelques semaines auront suffi pour venir à bout des ambitions présidentielles. Le déficit de l’Etat va encore se creuser de 13 milliards d’euros en 2018. Où est l’audace gouvernementale ?

Il est pourtant urgent de réaliser des économies budgétaires en reconcentrant l’action publique sur les missions régaliennes. Alors que la croissance repart et que le moment est opportun pour reconcentrer l’action publique, le président de la République fait le choix de ne pas réformer l’Etat : il s’était engagé à réduire de 120 000 le nombre de fonctionnaires, seuls 1 600 postes seront supprimés cette année. Où est l’audace jupitérienne ?

Faute de courage, le gouvernement échoue à réaliser de réelles économies dans le secteur public. Pour faire face à ses reniements, la majorité présidentielle est contrainte à une hausse de la fiscalité sur les ménages et les entreprises générant de nombreuses injustices sociales. La France des classes moyennes et des territoires en est la première victime.

Si le gouvernement promet un « 13e mois » pour tous les Français, dans les faits, seul un sur dix y aura réellement accès. En augmentant la CSG sans compensation intégrale pour les agriculteurs et les indépendants, notamment les commerçants de proximité, le Président de la République fait le choix d’aggraver la crise agricole et la désertification commerciale de la France périphérique. Où est la justice territoriale ?

De même, l’augmentation de la CSG pour les retraites supérieures à 1200€ va accroitre la dépendance des personnes âgées, rendant pour elles encore plus difficile l’accès aux structures de solidarité. Récemment, le cabinet KPMG rappelait que le coût moyen d’une place en EPHAD s’élevait à 1857€ par mois, bien supérieur au seuil des 1200€ fixé par le gouvernement. Où est la justice intergénérationnelle ?

En augmentant le prix du diesel tout en suspendant les projets d’infrastructures, le projet de loi de finances 2018 s’en prend également à la mobilité des classes moyennes. La hausse de la fiscalité sur les carburants va conduire à une précarité encore plus importante des salariés de la France des territoires. Où est la justice salariale ?

L’augmentation de la fiscalité sur les plans épargne logement et la suppression du prêt à taux zéro dans certaines zones remettent en cause l’accession à la propriété, bloquant une fois de plus l’ascenseur social pour les classes populaires. Où est la justice sociale ?

Contre toute attente, le gouvernement se voit même dans l’obligation d’alourdir le coût du travail. La réforme du CICE en deux temps va conduire à une hausse fiscale de plus de 3 milliards d’euros pour les entreprises, via la diminution d’un point du taux du CICE. Où est la justice entrepreneuriale ?

Ce nouveau budget n’est pas à la hauteur de nos difficultés nationales. Après cinq ans d’immobilisme, la France ne devrait pas faire le choix du repos et de l’absence de réelles économies budgétaires. Pour ne pas prendre l’argent dans la poche des Français, il manque à la majorité de l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace !

©Charles de la Verpillière Mentions légales