Crise à l’UMP : ma position

Depuis deux semaines, l’UMP traverse une crise qui met en cause son honneur, son unité et même son existence.

En postant ce message, je prends un double risque : celui de vous importuner, car vous recevez beaucoup de messages contradictoires ; celui d’être dépassé par l’actualité, la situation évoluant d’heure en heure.

Je crois pourtant qu’il est indispensable de vous faire connaître mon opinion, afin de nourrir votre propre réflexion. 

 

1) Tous les gens raisonnables reconnaissent que le scrutin du 18 novembre n’a pas permis de dégager un résultat clair et incontestable. 

 

Certes, dans notre département, les choses se sont bien passées.

Mais, à l’échelon national, le scrutin a été mal organisé : des bureaux de vote inégalement répartis, des files d’attente qui ont découragé de nombreux électeurs, des listes électorales sur lesquelles certains adhérents ne figuraient pas et où d’autres, au contraire, ont été rajoutés à la main, des procurations suspectes, des procès-verbaux incomplets ou non transmis dans les délais, etc…

 

A cela s’est ajouté l’écart de voix certainement très faible, dans un sens ou un autre (on ne le saura jamais), entre les deux candidats.

 

La confusion a été encore accrue par l’auto-proclamation de Jean-François Copé, dès 22 heures, le dimanche soir, alors que de toute évidence, pour les raisons que je viens d’indiquer, la totalisation des suffrages ne pouvait matériellement pas être achevée.

 

2) Les organes statutaires de contrôle et de recours n’ont pas rempli leur mission.

 

En effet, ni la Commission de contrôle des opérations électorales (COCOE), ni la Commission des recours n’ont fait preuve d’efficacité et d’indépendance.

 

Un seul exemple suffit à le démontrer : le sort réservé aux votes des trois fédérations de Nouvelle-Calédonie, Mayotte et Wallis-et-Futuna. La COCOE « oublie » purement et simplement de les comptabiliser ! Puis la Commission des recours reconnaît « l’erreur matérielle », mais s’empresse d’annuler l’ensemble du scrutin en Nouvelle-Calédonie, qui avait donné la majorité à François Fillon…

 

3) De toute évidence, on ne peut pas se satisfaire de cette situation. 

 

Ne rien faire serait la pire des solutions. On ne peut pas se contenter de « mettre la poussière sous le tapis », comme si tout s’était passé normalement.  

 

Un grand parti républicain se doit d’être irréprochable dans son fonctionnement interne, faute de quoi il ne peut pas inspirer confiance aux Français. Notre voix sera inaudible dans le combat contre la gauche et nous perdrons toute chance de remporter les prochaines élections, locales et nationales, si nous ne faisons pas la preuve de notre capacité à fonctionner démocratiquement.

 

Et aussi, bien sûr, la légitimité et l’autorité de nos dirigeants ne doivent pouvoir être contestées par personne.

 

4) Il faut donc rapidement revoter, mais dans des conditions qui assureront la sincérité du scrutin et un résultat incontestable, même s’il est serré.

 

Dans toute démocratie, en cas de crise, le recours au peuple est la seule solution. C’est ce que faisait toujours le général De Gaulle. Inspirons-nous de son exemple pour mettre fin à la crise que traverse l’UMP.

 

5) Avec 70 autres députés, rejoints par une très grande majorité des sénateurs UMP, derrière François Fillon, nous avons pris des initiatives pour obtenir ce nouveau vote qui nous paraît indispensable.

 

– Nous restons adhérents de l’UMP car c’est notre famille, nos valeurs, nos amis, la chance de notre pays. Pour ma part, je compte bien, avec Xavier Breton, président de l’UMP de l’Ain, avec nos autres députés, avec tous nos adhérents, continuer et développer notre action. Le débat sur le mariage homosexuel est notre prochain combat, mais il y en aura beaucoup d’autres, sur l’emploi, la fiscalité, l’Europe…

 

-Nous avons formé un nouveau groupe parlementaire à l’Assemblée nationale, dénommé « Rassemblement UMP ». Il sera dissout dès qu’un nouveau vote des militants sera organisé.

 

Ces initiatives, s’ajoutant à l’intervention discrète de Nicolas Sarkozy, sont en train de faire « bouger les lignes » : des personnalités n’ayant pris parti pour aucun des deux candidats (Nathalie Kosciusko-Morizet, Bruno Le Maire, Xavier Bertrand…) appellent aussi à l’organisation d’un nouveau vote.

 

6) Pour terminer, je voudrais  redire  mes motivations dans cette affaire.

 

Je ne poursuis aucune ambition personnelle, je ne brigue aucune fonction, aucun honneur, ni aucun poste.

 

Simplement, je crois profondément que la France a besoin, dans la crise qu’elle traverse, et face à une gauche folle et irresponsable, d’une UMP forte, dotée d’une ligne politique claire pouvant rassembler les Français bien au-delà de notre parti.

 

Nous avons le devoir d’en créer les conditions.

 

Ne nous décourageons pas. C’est la démocratie qui nous permettra de sortir plus forts de cette crise.

 

©Charles de la Verpillière Mentions légales