Réforme territoriale : un mauvais coup porté à la démocratie de proximité

Réforme territoriale : un mauvais coup porté à la démocratie de proximité

Arbitré à la va-vite et sans vision d’ensemble, le projet de réforme territoriale va sans doute encore évoluer au cours de son examen par le Parlement.

En l’état, le projet peut se résumer ainsi : les départements seront supprimés à terme (2017 ? 2020 ?) ; en attendant,  leurs compétences vont être redistribuées aux Régions, regroupées et plus peuplées, ainsi qu’aux intercommunalités, également agrandies,  ou aux Métropoles là où elles existent.

Sans nier l’intérêt d’une simplification du « millefeuille » territorial (même si j’ai les plus grands doutes sur la  concrétisation des économies espérées), je suis persuadé que la réforme  va faire une victime : la démocratie de proximité.

Ceci va résulter d’abord de l’éloignement et du gigantisme. Croit-on vraiment que  des problèmes de transports scolaires en Haute-Loire trouveront une solution à Lyon ?

Surtout, la réforme va rompre le lien qui existait  entre la population, le territoire et les élus. Les conseillers généraux, devenus il y a un an à peine conseillers départementaux, étaient élus au scrutin majoritaire dans des cantons. Ils étaient identifiés par leurs concitoyens et ceux-ci pouvaient s’adresser à eux directement pour régler des problèmes concrets : transports scolaires (déjà cités), subventions aux associations, travaux au collège, rectification d’un virage dangereux, protection maternelle et infantile, gestion de l’allocation personnalisée d’autonomie   (APA), entrée en maison de retraite, etc…

Cela ne sera plus possible pour les compétences relevant de la Région. En effet, les conseillers régionaux sont élus à la proportionnelle sur des listes départementales. L’élection dépend des choix opérés par les partis politiques et les élus ne représentent aucun territoire plus qu’un autre.  Les habitants ne les connaissent donc pas.

On voit bien comment tout ceci va se terminer : «  en cas de problème, adressez-vous, aux heures d’ouverture, au bureau B12, 5ème porte à droite, 6ème étage du bâtiment D, esplanade François Mitterrand, à Lyon ».

Bonjour la démocratie !

©Charles de la Verpillière Mentions légales