rentrée scolaire 2014 : des moyens pour rien

rentrée scolaire 2014 : des moyens pour rien

Aujourd’hui l’Education nationale n’est plus pilotée : depuis janvier 2014, elle a connu 3 ministres, la démission du directeur de l’enseignement scolaire puis celle du président du conseil des programmes. Pourtant les socialistes se proclament grands spécialistes de l’enseignement : ils ne cessaient pas, quand ils étaient dans l’opposition, de donner des leçons à ce sujet !

Or la réalité de l’état de notre enseignement est  très inquiétante, alors que c’est l’avenir de notre pays qui s’y joue. les conclusions de la Cour des comptes et des enquêtes internationales de l’OCDE disent la même chose : le niveau de l’enseignement en France a nettement baissé malgré des moyens sans cesse accrus, et ce n’est pas hélas le record du nombre des bacheliers 2014 qui garantit le succès de tous dans l’enseignement supérieur.

Depuis 2012, le gouvernement n’a pas pris une seule mesure de nature à rehausser la qualité et les exigences de l’enseignement :

– il a décidé, malgré une situation financière désastreuse, de créer 60 000 emplois nouveaux sans se soucier du niveau des recrutements : dans certaines académies, les enseignements reçus cette année en fin de classement aux concours ont obtenu des notes catastrophiques. Pire, les ministres n’ont pas réussi à faire assurer les enseignements des matières fondamentales : il manquera des professeurs de français et de mathématiques dans certaines classes cette année ;

– la majorité socialiste a abrogé en 2013 le socle de connaissance exigé de tous les élèves en fin de 3ème depuis la loi Fillon de 2005, et s’est engagée à en publier un nouveau, mais le ministère n’a toujours rien décidé : ni les parents ni les enseignants des écoles et des collèges ne connaissent  à cette rentrée les objectifs de l’enseignement obligatoire en France ;

– le gouvernement n’a rien fait pour encourager les régions à créer de nouvelles formations par apprentissage permettant aux jeunes d’avoir un emploi ;

– il a renoncé, pour satisfaire les syndicats, à sa promesse de faire un statut visant à donner de l’autorité aux directeurs d’école.

Le gouvernement a préféré prendre des décisions à caractère idéologique :

– en imposant sans concertation (ni avec les maires, ni avec les enseignants, ni avec les parents) une réforme des rythmes scolaires qui désorganise le temps scolaire et la vie familiale, multiplie les intervenants devant les enfants et sera très couteuse pour les finances des communes, donc des contribuables ;

– en distribuant puis en corrigeant ses « ABCD de l’égalité », inspirés par la fumeuse théorie du genre, alors qu’il ferait mieux de se donner un objectif clair : celui, qu’en France, tous les élèves sachent lire, écrire et compter correctement en fin de CM2 ;

– en supprimant les évaluations des connaissances des élèves en CE1 et CM2, au motif qu’elles traumatisaient les élèves et stigmatisaient les enseignants ;

– en accroissant le temps des vacances : rentrée 2014 retardée, vacances de Toussaint augmentées de 3 jours ;

– en dénigrant l’effort et le mérité : après la suppression des internats d’excellence en 2013, c’est maintenant la suppression des bourses au mérite pour les étudiants des milieu défavorisé ayant bien travaillé.

La prétention « refondation de l’école » décidée par M. Hollande n’a en réalité strictement aucun contenu. Elle ne s’est traduite par aucune amélioration du niveau des élèves et de leur préparation à un emploi : par exemple, qu’ a-t-on fait depuis 2012 pour améliorer l’enseignement au collège ?  Tous les pays qui ont obtenu de meilleures performances de leur système éducatif ont refusé de recourir à des recrutements pléthoriques. Ils ont préféré modifier le cadre et les méthodes de l’enseignement : établissements scolaires plus autonomes, accroissement du rôle des chefs d’établissement et de l’implication des parents, constitution d’équipes de professeurs moins nombreux qu’en France, mais plus présents dans les établissements et mieux payés, choix de méthodes pédagogiques éprouvées par acquérir les bases, évaluation des résultats, processus d’orientation efficace, développement du numérique et de formations en lien avec l’entreprise et de l’apprentissage, préparation des bacheliers à l’enseignement supérieur…

Qu’attendons-nous ?

©Charles de la Verpillière Mentions légales