Un scandale démocratique cette nuit à l’Assemblée nationale

Un scandale démocratique cette nuit à l’Assemblée nationale

Il s’est passé hier soir, dans l’hémicycle, un incident très grave pour notre démocratie, survenu au moment d’élire les 3 questeurs de l’Assemblée nationale. Cet incident va bien au-delà d’une question d’attribution de poste, il révèle une volonté élyséenne  de tout contrôler qui fait peur.

Mais d’abord, à quoi sert un questeur ?

Les trois questeurs  sont chargés de gérer les services financiers et administratifs de l’Assemblée nationale (un budget annuel supérieur à 500M€) .  Ils sont élus par les députés  au début de chaque législature, puis tous les ans au début de la session ordinaire. (Pour en savoir plus  sur le rôle du questeur): http://www2.assemblee-nationale.fr/decouvrir-l-assemblee/role-et-pouvoirs-de-l-assemblee-nationale/les-organes-de-l-assemblee-nationale/les-questeurs )

L’usage veut qu’un des 3 postes de questeur revienne à un membre de l’opposition, afin de garantir la transparence démocratique de l’institution.

Que s’est-il passé hier soir dans l’hémicycle ?

Au moment d’élire le 3ème questeur, M. SOLERE (groupe des « Constructifs ») a présenté sa candidature, avec l’appui des députés En Marche. Rien d’étonnant à cela, puisque que le groupe de M. SOLERE s’apprête à voter mardi  la confiance au gouvernement. En votant la confiance, M. SOLERE ne se place pas dans l’opposition. Son groupe et lui-même vont désormais faire partie de la majorité présidentielle.

M.SOLERE a donc été élu, contre Eric CIOTTI, le candidat des Républicains. Après de multiples incidents et suspensions de séances, l’élection a été actée, sans que l’opposition ait eu son mot à dire. L’Assemblée nationale se réveille ce matin avec 3 questeurs appartenant à la majorité présidentielle.

Quelles conséquences ?

Concrètement, cela signifie que l’opposition, privée de son traditionnel questeur pour la représenter, n’aura plus aucun pouvoir ni droit de regard sur la gestion financière et administrative de l’Assemblée nationale. Il s’agit d’une véritable prise de contrôle d’un parti sur l’ensemble de l’Assemblée !

On peut ajouter à cela la prise de toutes les vice-présidences de l’Assemblée et de toutes les présidences de commissions.

Alors je crie au danger : danger pour notre liberté d’action, danger pour notre liberté d’expression.

On souhaiterait museler l’opposition qu’on ne s’y prendrait pas autrement.

Est-ce cela le renouveau en politique ? Tout casser pour prendre un pouvoir absolu et totalitaire ?

M. Macron, dit Jupiter, ne serait-il pas plutôt un Bonaparte en puissance ?

Restons vigilants et critiques, les yeux ouverts. Il en va de notre démocratie.

©Charles de la Verpillière Mentions légales